Même émotion
Les Roses de Saadi
Marceline Desbordes-Valmore · 1860
Un autre poème de l’absence, où il ne reste qu’un parfum à partager.
Accueil / Poèmes / Victor Hugo
Victor Hugo (1802 – 1885)
Douze alexandrins (vers de 12 syllabes) en rimes croisées (abab). Le poème est daté du 3 septembre 1847, veille du quatrième anniversaire de la mort de Léopoldine.
3 septembre 1847.
Pendant deux strophes, on croit qu’un homme part retrouver la personne qu’il aime : « je sais que tu m’attends ». Il marche sans rien regarder, pressé et triste.
Le dernier vers révèle la vérité : il va sur une tombe. Hugo parle à sa fille Léopoldine, morte noyée quatre ans plus tôt. Il lui parle comme à une vivante, et c’est ce qui bouleverse.
Le poème s’ouvre sur un dialogue (« Vois-tu ») et des verbes au futur. Rien ne signale la mort avant le onzième vers. Le lecteur partage ainsi l’illusion du père, qui continue de vivre sa relation avec sa fille au présent.
La troisième strophe refuse les beautés du paysage : « l’or du soir », les « voiles » vers Harfleur. Harfleur est près de Villequier, où Léopoldine s’est noyée dans la Seine en 1843. Le refus de regarder est une forme de fidélité : rien ne doit distraire du chagrin.
Le houx reste vert en hiver, la bruyère fleurit en automne : deux plantes qui résistent. Le poème se termine sur un geste concret plutôt que sur une plainte. C’est pourquoi on le choisit si souvent pour un hommage.
Sources : Les Contemplations, 1856, livre IV, poème XIV (texte vérifié).
Même émotion
Marceline Desbordes-Valmore · 1860
Un autre poème de l’absence, où il ne reste qu’un parfum à partager.
Autre époque
Pierre de Ronsard · XVIe siècle
Trois siècles plus tôt, une autre promenade vers une fleur, et la même conscience du temps qui détruit.
Voix contemporaine
Philippe Jaccottet · Suisse, 1925-2021
Un recueil bref écrit au chevet d’un proche mourant. Une des plus belles lectures du deuil au XXe siècle. Le texte est protégé : on le lit en poche dans À la lumière d’hiver (Poésie/Gallimard).
En poche, avec notes. Lire d’abord le livre IV, « Pauca meae ».
Pour un hommage, lisez ce seul poème, sans introduction. Il se suffit.
Aucun éditeur ne paie pour figurer ici.