Même poétesse
Les Roses de Saadi
Marceline Desbordes-Valmore · 1860
La même voix, la même absence, mais un souvenir heureux plutôt qu’une blessure.
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Marceline Desbordes-Valmore (1786 – 1859)
Quatre quatrains d’alexandrins à rimes croisées (abab), chacun suivi du refrain « N’écris pas ! » (3 syllabes, noté R).
Une femme est séparée de celui qu’elle aime. Elle lui demande de ne plus lui écrire : chaque lettre lui rend sa voix, son sourire, ses baisers, et la douleur de ne pas l’avoir près d’elle.
Le paradoxe est bouleversant : ce poème qui dit « n’écris pas » est lui-même une lettre d’amour. Plus elle refuse les mots de l’autre, plus elle montre combien elle les aime.
« N’écris pas » ouvre chaque strophe et la ferme. Cette insistance montre une volonté qui doit sans cesse se répéter pour tenir. On sent qu’elle peut céder.
Le vers « Une chère écriture est un portrait vivant » dit la force des lettres au XIXe siècle : l’écriture manuscrite de l’autre, c’est presque sa personne. La dernière strophe va plus loin : les mots deviennent voix, sourire, baiser.
La phrase est simple, sans ornement, presque parlée. C’est ce naturel que Verlaine admirait chez Desbordes-Valmore et qui la rend très lisible aujourd’hui.
Sources : Œuvres de Marceline Desbordes-Valmore, Lemerre, 1886, section « Romances » (texte vérifié sur le fac-similé) ; même texte dans XII Élégies, Lyon, 1925.
Même poétesse
Marceline Desbordes-Valmore · 1860
La même voix, la même absence, mais un souvenir heureux plutôt qu’une blessure.
Autre époque
Louise Labé · 1555
Trois siècles plus tôt, une autre femme qui dit l’amour comme une torture douce.
Même absence
Victor Hugo · 1856
Parler à quelqu’un qui n’est plus là : chez Hugo, l’absence est définitive.
Une anthologie de poche plutôt que les œuvres complètes.
Un poème à lire seul, le soir. Pas forcément à envoyer.
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