Même poète
L’Invitation au voyage
Charles Baudelaire · 1857
L’amour rêvé et durable, à l’opposé de cette rencontre d’une seconde.
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Charles Baudelaire (1821 – 1867)
Un sonnet en alexandrins. Rimes embrassées dans les quatrains (abba cddc), puis efe fgg dans les tercets.
Paris, une rue bruyante. Une femme en deuil passe, élégante. Le poète croise son regard et en reste bouleversé. Puis elle disparaît dans la foule.
Il ne la reverra jamais. Le dernier vers dit tout : il aurait pu l’aimer, et elle le savait. Le poème parle d’une expérience que toute personne vivant en ville a connue.
Les quatrains sont au passé (« passa », « buvais ») : la scène est déjà finie quand le poème commence. Le premier tercet bascule en une ligne, « Un éclair… puis la nuit ! », puis s’adresse directement à la femme, au présent et au futur.
« La douceur qui fascine et le plaisir qui tue » : chez Baudelaire, la beauté attire et menace en même temps. Le « ciel livide où germe l’ouragan » fait de l’œil de la femme un paysage d’orage.
Ce sonnet appartient aux « Tableaux parisiens ». La foule moderne crée un nouveau type de rencontre : intense, anonyme, sans lendemain. Le chiasme final (« j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais ») mime deux trajectoires qui se croisent puis s’éloignent.
Sources : Les Fleurs du mal, 2e édition, 1861 (texte vérifié sur le fac-similé).
Même poète
Charles Baudelaire · 1857
L’amour rêvé et durable, à l’opposé de cette rencontre d’une seconde.
Même fulgurance
Louise Labé · 1555
Le même mélange de plaisir et de douleur, vécu cette fois de l’intérieur et dans la durée.
Même impossible
Marceline Desbordes-Valmore · XIXe siècle
Un amour qui existe, mais que la distance rend aussi inaccessible que la passante.
Une édition de poche annotée, version de 1861, qui contient les « Tableaux parisiens ».
Lisez ensuite « Les Petites Vieilles » et « Le Cygne », dans la même section.
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