Même poète
À une passante
Charles Baudelaire · 1861
Le contraire de l’invitation : une femme croisée une seconde, et aucun voyage possible.
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Charles Baudelaire (1821 – 1867)
Trois strophes de douze vers, alternant deux vers de 5 syllabes et un vers de 7, chacune suivie d’un refrain de deux vers de 7 syllabes (noté R). Ce rythme impair donne au poème son balancement.
Le poète invite la femme aimée à partir vivre dans un pays qui lui ressemble : brumeux comme ses yeux, calme, luxueux, plein de parfums et de lumière dorée.
Ce pays n’existe pas sur une carte. C’est un rêve d’harmonie parfaite, résumé dans le refrain : « ordre et beauté, luxe, calme et volupté ». Le poème berce autant qu’il décrit.
Deux vers courts, un vers un peu plus long : le poème avance comme une barque sur l’eau. Baudelaire choisit des vers de 5 et 7 syllabes, impairs, plus fluides que l’alexandrin.
Les « soleils mouillés » et les « ciels brouillés » ont le charme des « traîtres yeux » de la femme. Le pays rêvé est un portrait. « Traîtres » rappelle que, chez Baudelaire, l’amour n’est jamais sans danger.
Les cinq noms du refrain dessinent l’Idéal baudelairien, opposé au Spleen. Beaucoup de lecteurs reconnaissent dans les canaux et les intérieurs polis la Hollande, que Baudelaire évoque dans le poème en prose du même titre (Le Spleen de Paris). Le texte, lui, ne nomme aucun pays.
Sources : Les Fleurs du mal, Poulet-Malassis et De Broise, 1857 (texte vérifié sur le fac-similé).
Même poète
Charles Baudelaire · 1861
Le contraire de l’invitation : une femme croisée une seconde, et aucun voyage possible.
Même voyage
José-Maria de Heredia · 1893
D’autres vaisseaux venus du bout du monde, mais lancés vers l’or et la conquête.
Même musique
Paul Verlaine · 1866
Des vers courts et impairs, une poésie qui se chante avant de se comprendre.
Une édition de poche annotée, qui reprend la version de 1861.
Écoutez ensuite la mélodie de Duparc : le poème prend une autre dimension.
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