Même émotion
Les Roses de Saadi
Marceline Desbordes-Valmore · 1860
La même voix basse et musicale. Verlaine admirait cette poétesse et l’a fait connaître dans Les Poètes maudits.
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Paul Verlaine (1844 – 1896)
Chaque strophe suit le même schéma : deux vers de 4 syllabes, un de 3, deux de 4, un de 3. Les lettres indiquent les rimes (aabccb). Dans « vi-o-lons », on prononce trois syllabes.
Les vers sont si courts qu’on doit reprendre son souffle presque à chaque ligne, comme quand on pleure. Les sons « on » et « eu » reviennent sans cesse (longs, violons, monotone, cœur, langueur) et font entendre la plainte d’un violon.
Le poème avance en trois temps : une tristesse qui arrive avec l’automne, un souvenir qui fait pleurer, puis l’abandon. À la fin, celui qui parle ne décide plus rien. Il se laisse emporter par le vent, « pareil à la feuille morte ».
Chaque sixain associe des vers de quatre et de trois syllabes selon le schéma 4-4-3-4-4-3. Le vers de trois syllabes tombe comme une fin de phrase étouffée. Les rimes suivent le schéma aabccb : le troisième et le sixième vers se répondent à distance (automne / monotone), ce qui referme chaque strophe sur elle-même.
Verlaine écrira plus tard dans « Art poétique » :
De la musique avant toute choseIci déjà, le sens passe par le son. La diérèse de « vi-o-lons » allonge le mot comme un coup d’archet. La rime intérieure « cœur / langueur » ralentit le vers.
La dernière strophe coupe une expression en deux (« Pareil à la / Feuille morte »). L’article « la » reste seul en fin de vers, suspendu, comme la feuille avant sa chute. Certains lecteurs y voient une simple image de saison, d’autres l’aveu d’une dépression que le titre du recueil annonce déjà : Saturne était la planète des mélancoliques.
Sources : Poèmes saturniens, Lemerre, 1866 (texte vérifié sur le fac-similé) ; « Art poétique », Jadis et naguère, 1884.
Même émotion
Marceline Desbordes-Valmore · 1860
La même voix basse et musicale. Verlaine admirait cette poétesse et l’a fait connaître dans Les Poètes maudits.
Autre époque
François Villon · XVe siècle
Quatre siècles plus tôt, une autre voix qui supplie, avec la même simplicité dans la douleur.
Voix québécoise
Émile Nelligan · Montréal
Nelligan avait lu Verlaine. On entend dans ce sonnet la même musique du naufrage intérieur.
Le recueil d’où vient ce poème, souvent publié en poche avec Fêtes galantes.
Commencez par la section « Paysages tristes », quelques poèmes courts. Lisez-les à voix haute, un par soir.
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