Même émotion
Chanson d’automne
Paul Verlaine · 1866
Le maître que Nelligan lisait : la même mélancolie, en vers très courts.
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Émile Nelligan (1879 – 1941)
Un sonnet en alexandrins. Rimes embrassées dans les quatrains (abba, cddc), puis eef gfg dans les tercets.
Pendant onze vers, on suit un navire magnifique, tout en or, qui fait naufrage sur un écueil. Ses trésors sont pillés par des marins aux noms étranges : Dégoût, Haine, Névrose.
Les trois derniers vers donnent la clé : ce navire, c’était « mon cœur ». Nelligan a moins de vingt ans quand il écrit ce poème. Peu après, il est interné pour le reste de sa vie, et le texte se lit comme une prophétie.
Le poème raconte d’abord une histoire maritime, avec des majuscules qui en font une légende (Vaisseau, Océan, Sirène, Gouffre). Le passage au « mon cœur » dans le dernier tercet transforme le récit en confession.
Les pilleurs portent des noms d’états intérieurs. « Névrose » est un mot médical récent à l’époque : il fait entrer la psychologie moderne dans une forme classique.
La forme vient de Baudelaire et des parnassiens, la musique de Verlaine. Nelligan les fait siennes à Montréal, et son sonnet est devenu un emblème de la poésie québécoise. L’interprétation biographique est tentante, mais le poème vaut aussi comme pure image du rêve brisé.
Sources : Émile Nelligan et son œuvre, Montréal, Beauchemin, 1904 (texte vérifié sur le fac-similé).
Même émotion
Paul Verlaine · 1866
Le maître que Nelligan lisait : la même mélancolie, en vers très courts.
Même âge
Arthur Rimbaud · 1870
Deux adolescents de génie, l’un sur les routes, l’autre au bord du gouffre.
Voix contemporaine
Québec · née en 1958
Une grande voix québécoise d’aujourd’hui, à la phrase claire et méditative.
Disponibles chez plusieurs éditeurs québécois.
Lisez ensuite Soir d’hiver, son autre poème le plus célèbre.
Aucun éditeur ne paie pour figurer ici.