Même âge, autre pays
Le Vaisseau d’or
Émile Nelligan · Montréal
Un autre adolescent génial, une génération plus tard, au Québec. On l’a souvent appelé « le Rimbaud canadien ».
Accueil / Poèmes / Arthur Rimbaud
Arthur Rimbaud (1854 – 1891)
Un sonnet en alexandrins. Rimes embrassées dans les quatrains (abba, cddc), puis eef ggf dans les tercets.
Un garçon de seize ans marche sur les routes, sans argent, les vêtements usés. Il dort à la belle étoile et compose des vers en chemin. Il est pauvre, et il est heureux.
Le poème mélange le noble et le trivial : la Muse et une culotte trouée, les étoiles et des lacets de chaussures. Rimbaud se moque gentiment du poète romantique tout en étant vraiment ému par la nuit.
Chaque image élevée est ramenée au sol : le paletot devient « idéal » parce qu’il est usé jusqu’à disparaître, l’auberge est « à la Grande-Ourse ». Cette alliance fait le charme du texte.
Rimbaud sème des rimes au lieu de cailloux. L’image rattache le poète à l’enfance et au conte, au moment même où il fugue de chez lui.
Le dernier vers associe les « souliers blessés » au « cœur ». Le geste de tirer ses lacets devient celui de jouer de la lyre. Le poète est à la fois ridicule et inspiré, et il l’assume.
Sources : Manuscrit dit « Cahier de Douai » (1870) ; texte vérifié sur les éditions Vanier (1895) et Mercure de France.
Même âge, autre pays
Émile Nelligan · Montréal
Un autre adolescent génial, une génération plus tard, au Québec. On l’a souvent appelé « le Rimbaud canadien ».
Autre époque
François Villon · XVe siècle
Le premier grand poète vagabond de la langue française.
Même poète
Arthur Rimbaud · 1870
Le même automne, la même route, mais une découverte tragique.
Un poche qui réunit les poèmes de 1870-1871.
À offrir à quelqu’un qui part en voyage.
Aucun éditeur ne paie pour figurer ici.