Le point de vue inverse
Méfiez-vous des blancs
Évariste de Parny · 1787
Une chanson des Chansons madécasses qui donne la parole aux colonisés. Le contrepoint indispensable.
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José-Maria de Heredia (1842 – 1905)
Un sonnet en alexandrins. Rimes embrassées dans les quatrains (abba abba), puis ccd ede.
À la fin du XVe siècle, des aventuriers espagnols quittent le port de Palos pour traverser l’Atlantique. Ils rêvent d’or et de gloire. La nuit, la mer brille, et ils voient se lever des étoiles qu’aucun Européen n’avait vues.
Le poème célèbre l’élan du départ et l’émerveillement de la découverte. Il ne dit rien de ce que la conquête fera subir aux peuples d’Amérique : c’est aussi ce silence qu’il faut lire aujourd’hui.
Heredia appartient au Parnasse, mouvement qui cherche une poésie précise, sculptée, impersonnelle. Chaque sonnet des Trophées est comme une médaille : une scène historique fixée en quatorze vers.
Les tercets passent du rêve d’or (« mirage doré ») à une vision plus grande : des « étoiles nouvelles » qui montent de la mer. La conquête s’efface devant la découverte du monde. Ce dernier vers est l’un des plus célèbres de la poésie française.
Les conquistadors sont présentés comme des oiseaux de proie, « ivres d’un rêve héroïque et brutal » : le poète ne cache pas leur violence, mais l’admire. Né près de Santiago de Cuba, Heredia écrit depuis Paris un poème sur la conquête de son continent natal. Le lire à côté de Parny, qui dénonce la colonisation un siècle plus tôt, ouvre une vraie discussion.
Sources : Les Trophées, Lemerre, 1893 (texte vérifié sur le fac-similé).
Le point de vue inverse
Évariste de Parny · 1787
Une chanson des Chansons madécasses qui donne la parole aux colonisés. Le contrepoint indispensable.
Même voyage
Charles Baudelaire · 1857
Des vaisseaux qui viennent du bout du monde, mais pour un voyage intérieur.
Même navire
Émile Nelligan · Québec
Un autre navire, un autre or, mais cette fois le rêve fait naufrage.
En poche. Le recueil réunit plus de cent sonnets, de l’Antiquité à la Renaissance.
Commencez par la section « Les Conquérants », dont ce poème est le premier.
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