Même chant à la femme
Mignonne, allons voir si la rose
Pierre de Ronsard · XVIe siècle
Quatre siècles plus tôt, un autre poème qui célèbre une femme et le temps qui passe.
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Léopold Sédar Senghor (1906 – 2001)
Court extrait
Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté !
Ce poème est protégé par le droit d’auteur jusqu’à la fin de l’année 2071. Nous n’en citons que quelques mots, pour l’analyse. Le texte intégral se lit dans le livre conseillé plus bas.
Le poète s’adresse à une femme noire et la célèbre : sa beauté, sa voix, sa peau, sa douceur. Elle est tour à tour la mère qui protège, l’amante, et la terre d’Afrique elle-même.
En 1945, alors que la beauté noire est presque absente de la poésie française, ce poème affirme qu’elle mérite les plus hauts chants. C’est l’un des textes fondateurs de la Négritude.
« Femme nue, femme noire » : l’adresse directe et la répétition donnent le ton d’une incantation. La suite, « vêtue de ta couleur qui est vie », retourne un préjugé : la couleur de la peau n’est pas un manque, c’est un vêtement, et c’est la vie.
Au fil du poème, les images de la femme se mêlent aux paysages d’Afrique : la savane, les fruits, le tam-tam. Aimer la femme noire, c’est célébrer la terre natale et sa culture, ce qui donne au poème une portée politique sous l’apparence d’un poème d’amour.
La fin du poème évoque le temps qui détruit la beauté, et la volonté de la fixer dans le chant. On retrouve le thème de Ronsard, que Senghor, agrégé de grammaire, connaissait parfaitement : la poésie comme ce qui sauve de l’oubli.
Sources : Chants d’ombre, Seuil, 1945 ; repris dans Œuvre poétique, Seuil. Extrait vérifié sur plusieurs éditions scolaires et universitaires.
Même chant à la femme
Pierre de Ronsard · XVIe siècle
Quatre siècles plus tôt, un autre poème qui célèbre une femme et le temps qui passe.
Même mouvement
David Diop · 1956
La Négritude en colère : un autre chant à l’Afrique, plus violent.
Même voix noire
Oswald Durand · 1896
Cinquante ans plus tôt, en Haïti, la beauté noire face au regard des autres.
En poche au Seuil, tous les recueils de Chants d’ombre (1945) aux derniers poèmes.
Lisez Femme noire à voix haute, lentement, comme un chant.
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