Même vent
Chanson d’automne
Paul Verlaine · 1866
Le « vent mauvais » de Verlaine, une génération plus tôt, en vers très courts.
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Émile Verhaeren (1855 – 1916)
Des vers libres : chaque vers a sa propre longueur, de deux à une douzaine de syllabes. Le refrain « le vent sauvage de Novembre » revient comme une rafale.
Le vent de novembre traverse la campagne flamande. Il fait grincer les poulies des puits, arrache les feuilles et les nids, secoue les toits de chaume, fait tourner le moulin et abat les croix du cimetière.
Le poème ne décrit pas seulement le vent : il l’imite. Les vers s’allongent et se raccourcissent comme des rafales, et le refrain revient sans cesse. À la fin, le vent devient presque une créature, celui « des peurs et des déroutes ».
Verhaeren abandonne le vers régulier : un vers peut tenir en deux syllabes (« Le vent, ») ou en compter une douzaine. Cette liberté suit le mouvement du vent, qui enfle, retombe, repart. Il est l’un des grands inventeurs du vers libre en français.
Le poème est fait pour la voix : « Dans les étables lamentables », « Grincent et crient », « Claquent au vent ». Les sons durs et les répétitions font entendre ce que le texte décrit.
Dans Les Villages illusoires, Verhaeren peint une Flandre rurale de passeurs, de meuniers, de cordiers. Le vent qui « jeta la lune à bas » et fait crier « tous les villages vermoulus » peut se lire aussi comme l’image d’un monde ancien que le temps ébranle.
Sources : Les Villages illusoires, 1895 ; texte de l’édition Poèmes, IIIe série, Mercure de France (vérifié sur le fac-similé).
Même vent
Paul Verlaine · 1866
Le « vent mauvais » de Verlaine, une génération plus tôt, en vers très courts.
Le vent qui emporte
Rutebeuf · XIIIe siècle
Au XIIIe siècle déjà, le vent emportait les amis du poète.
Même saison
Émile Nelligan · Québec
Le froid du Québec après celui de la Flandre : deux hivers, deux musiques.
En poche, les deux recueils sont souvent réunis : la campagne qui se vide, puis la ville qui grandit.
Lisez « Le Vent » à voix haute, en accélérant dans les vers courts.
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