Même poète
Le Vaisseau d’or
Émile Nelligan · Québec
L’autre poème célèbre de Nelligan : le même cœur, cette fois en naufrage.
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Émile Nelligan (1879 – 1941)
Quatre strophes de cinq octosyllabes (8 syllabes) sur deux rimes (ababa). La première strophe revient à la fin, presque identique.
Le poète regarde la neige et le givre sur sa vitre. Très vite, le paysage devient intérieur : les étangs gelés, ce sont ses espoirs ; la Norvège sans soleil, c’est lui.
Les répétitions donnent au poème une allure de complainte. On le lit comme une chanson triste, et on comprend pourquoi il a été mis en musique à plusieurs reprises.
La première strophe décrit la fenêtre, la deuxième glisse aussitôt vers « mon âme ». Les mêmes mots servent aux deux : « Tous les étangs gisent gelés » devient « Tous ses espoirs gisent gelés ». Le paysage n’est plus un décor, c’est un miroir.
Vers repris, sons répétés (« neige a neigé », « que j’ai, que j’ai », « pleurez mes pleurs »), strophe finale qui reprend la première : le poème tourne sur lui-même comme une ritournelle obsédante.
La dernière strophe change un seul détail : « la douleur » devient « tout l’ennui ». La crise aiguë s’est installée en état durable. Cette nuance, ajoutée aux points de suspension, laisse le poème ouvert sur l’hiver.
Sources : Émile Nelligan et son œuvre, Montréal, Beauchemin, 1904 (texte vérifié sur le fac-similé).
Même poète
Émile Nelligan · Québec
L’autre poème célèbre de Nelligan : le même cœur, cette fois en naufrage.
Même musique
Paul Verlaine · 1866
Le modèle de Nelligan : une saison, des vers courts, une tristesse qui chante.
L’autre saison
Charles d’Orléans · XVe siècle
La fin de l’hiver célébrée cinq siècles plus tôt. Lire les deux, c’est passer du froid au printemps.
Disponibles chez plusieurs éditeurs québécois, en un seul volume.
À lire un soir de neige, évidemment.
Aucun éditeur ne paie pour figurer ici.