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Le temps a laissé son manteau

Charles d’Orléans (1394 – 1465)

JoieMoyen ÂgeFrance
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s’est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.
Il n’y a bête ni oiseau
Qu’en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie.
Rivière, fontaine et ruisseau
Portent, en livrée jolie,
Gouttes d’argent d’orfèvrerie ;
Chacun s’habille de nouveau :
Le temps a laissé son manteau.
En une minute

Le monde change de vêtements

L’hiver était un manteau de vent, de froid et de pluie. Le printemps l’enlève et s’habille de soleil. Les bêtes et les oiseaux chantent, et même l’eau des rivières se pare de gouttes brillantes comme des bijoux.

Tout le poème est une seule image : la nature qui change de tenue. Le premier vers revient trois fois, comme une bonne nouvelle qu’on répète.

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Une image filée

Manteau, broderie, livrée, orfèvrerie, s’habiller : tout le vocabulaire vient du vêtement et du luxe. La saison devient un seigneur qui renouvelle sa garde-robe, et toute la nature, comme ses serviteurs, porte ses couleurs.

La forme du rondeau

Le rondeau tourne sur deux rimes et sur un refrain. Cette contrainte donne au poème son allure de ronde ou de chanson, qui convient à la fête du printemps.

Un prince prisonnier

Charles d’Orléans, neveu du roi Charles VI, est fait prisonnier à la bataille d’Azincourt en 1415. Il reste vingt-cinq ans captif en Angleterre. Revenu en France, il tient une petite cour poétique à Blois. On ne sait pas à quelle date précise il écrivit ce rondeau, mais la joie qu’il exprime prend un relief particulier quand on connaît sa vie.

Sources : Poésies complètes de Charles d’Orléans, éd. Charles d’Héricault, Flammarion, 1915 (texte vérifié sur le fac-similé) ; orthographe modernisée.

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Ballades et rondeaux de Charles d’Orléans

Une anthologie de poche bilingue, ancien et moderne en regard.

  • Pour qui : Le lecteur qui cherche des poèmes courts, légers et musicaux.
  • Pourquoi : Les rondeaux se lisent en une minute et se retiennent facilement.

Notre conseil

Un poème idéal à lire avec des enfants, ou à envoyer le premier jour du printemps.

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