Même joie
Ma bohème
Arthur Rimbaud · 1870
Un autre bonheur simple, en plein air, avec des images de vêtements usés plutôt que brodés.
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Charles d’Orléans (1394 – 1465)
Un rondeau (ou rondel) en octosyllabes (8 syllabes), sur deux rimes seulement. Les majuscules marquent le refrain : les deux premiers vers reviennent ensemble au milieu, le premier revient seul à la fin.
L’hiver était un manteau de vent, de froid et de pluie. Le printemps l’enlève et s’habille de soleil. Les bêtes et les oiseaux chantent, et même l’eau des rivières se pare de gouttes brillantes comme des bijoux.
Tout le poème est une seule image : la nature qui change de tenue. Le premier vers revient trois fois, comme une bonne nouvelle qu’on répète.
Manteau, broderie, livrée, orfèvrerie, s’habiller : tout le vocabulaire vient du vêtement et du luxe. La saison devient un seigneur qui renouvelle sa garde-robe, et toute la nature, comme ses serviteurs, porte ses couleurs.
Le rondeau tourne sur deux rimes et sur un refrain. Cette contrainte donne au poème son allure de ronde ou de chanson, qui convient à la fête du printemps.
Charles d’Orléans, neveu du roi Charles VI, est fait prisonnier à la bataille d’Azincourt en 1415. Il reste vingt-cinq ans captif en Angleterre. Revenu en France, il tient une petite cour poétique à Blois. On ne sait pas à quelle date précise il écrivit ce rondeau, mais la joie qu’il exprime prend un relief particulier quand on connaît sa vie.
Sources : Poésies complètes de Charles d’Orléans, éd. Charles d’Héricault, Flammarion, 1915 (texte vérifié sur le fac-similé) ; orthographe modernisée.
Même joie
Arthur Rimbaud · 1870
Un autre bonheur simple, en plein air, avec des images de vêtements usés plutôt que brodés.
Même nature
Pierre de Ronsard · XVIe siècle
Un siècle plus tard, la nature parée elle aussi d’une « robe », mais qui se fane.
L’autre saison
Émile Nelligan · Québec
Le manteau de froid que Charles d’Orléans enlève, Nelligan ne parvient pas à s’en défaire.
Une anthologie de poche bilingue, ancien et moderne en regard.
Un poème idéal à lire avec des enfants, ou à envoyer le premier jour du printemps.
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