Même deuil
Demain, dès l’aube…
Victor Hugo · 1856
Un père qui parle à sa fille morte comme à une vivante : une autre façon de dire que les morts restent là.
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Birago Diop (1906 – 1989)
Court extrait
Écoute plus souvent
Les choses que les êtres
Ce poème est protégé par le droit d’auteur jusqu’à la fin de l’année 2059. Nous n’en citons que quelques mots, pour l’analyse. Le texte intégral se lit dans le livre conseillé plus bas.
Le poème invite à écouter la nature : le feu, l’eau, le vent dans les arbres. Ce qu’on y entend, ce sont les souffles des ancêtres, qui n’ont pas disparu.
« Ceux qui sont morts ne sont jamais partis » : ils sont dans l’ombre qui s’éclaire, dans l’arbre qui frémit, dans l’enfant qu’on allaite. Le poème transmet une croyance des sociétés d’Afrique de l’Ouest, où les défunts restent présents parmi les vivants.
Le poème s’ouvre sur un impératif, « Écoute », comme une leçon donnée par un aîné. Il ne décrit pas, il enseigne une manière d’être attentif au monde : écouter les choses plutôt que les êtres.
Les refrains reviennent et martèlent la même idée : les morts ne sont pas morts. Cette insistance rapproche le poème d’une formule rituelle ou d’une prière, faite pour être dite et retenue par cœur.
Birago Diop a placé ce poème au cœur d’un conte, « Sarzan », dans Les Contes d’Amadou Koumba : un ancien soldat revenu au village méprise les traditions et finit par perdre la raison en répétant ces vers. Le poème devient alors une mise en garde contre l’oubli des racines.
Sources : Leurres et lueurs, Présence africaine, 1960 ; Les Contes d’Amadou Koumba, 1947 (conte « Sarzan »). Extraits vérifiés sur plusieurs sources pédagogiques.
Même deuil
Victor Hugo · 1856
Un père qui parle à sa fille morte comme à une vivante : une autre façon de dire que les morts restent là.
Même nature habitée
Jean-Joseph Rabearivelo · 1935
À Madagascar, la nuit et les astres deviennent eux aussi des êtres vivants.
Même mouvement
Léopold Sédar Senghor · 1945
L’ami et compatriote de Birago Diop, dans un autre registre : la louange.
Le recueil de contes de 1947, chez Présence africaine ; les poèmes sont dans Leurres et lueurs.
Lisez le conte « Sarzan », puis le poème : il prend un tout autre sens.
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